Lille est historiquement une ville où la climatisation semblait superflue. Le climat océanique à tendance continentale du Nord, avec des étés traditionnellement doux (moyenne de 18°C en juillet), n'avait jamais justifié un investissement dans le rafraîchissement. Mais cette réalité a radicalement changé depuis 2019 : la métropole lilloise a enregistré 41,5°C en juillet 2019, un record absolu, et les canicules se sont enchaînées en 2020, 2022 et 2023. Le taux d'équipement en climatisation à Lille est passé de 5 % en 2018 à environ 15 % en 2025, et la tendance s'accélère.
La particularité lilloise est que la demande porte quasi exclusivement sur les PAC air-air réversibles, et non sur la climatisation seule. La raison est simple : Lille reste avant tout une ville froide (5°C en moyenne en janvier, épisodes à -10°C) où le chauffage est la priorité. La PAC réversible offre un chauffage performant 7 à 8 mois par an (octobre à mai) et un rafraîchissement bienvenu 2 à 3 mois par an (juin à août). C'est ce double usage qui rend l'investissement pertinent et qui explique l'essor du marché lillois.
Le parc immobilier lillois, dominé par les maisons en briques flamandes mitoyennes (les « courées » et maisons 1930), est bien adapté à la PAC réversible. Les murs en brique de 30-40 cm offrent une bonne inertie thermique, les cours arrière ou les passages latéraux accueillent facilement un groupe extérieur, et le réseau électrique des maisons individuelles est généralement suffisant pour alimenter un système split. Les maisons à étage (R+1 ou R+2) nécessitent toutefois un multi-split avec une unité par niveau pour un confort homogène.