Montpellier est la ville des tuiles canal méditerranéennes. Les toitures de la cité languedocienne, dans leurs teintes ocre rosé à brun chaud, ondulent sur les immeubles médiévaux de l'Écusson et les mas rénovés de la périphérie. La tuile canal, héritée de l'occupation romaine, est posée sur des pentes douces de 25 à 35 % selon la technique traditionnelle courant-couvert, parfaitement adaptée à l'évacuation rapide des pluies torrentielles méditerranéennes. Les couvreurs montpelliérains doivent conjuguer cette tradition avec les exigences contemporaines : résistance aux épisodes cévenols et intégration photovoltaïque sur l'un des territoires les plus ensoleillés de France.
Les épisodes cévenols constituent la menace climatique majeure pour les toitures de Montpellier. Ces pluies diluviennes, concentrées entre septembre et décembre, peuvent déverser 200 à 400 mm en quelques heures — l'équivalent de deux mois de précipitations parisiennes en une nuit. Le ruissellement intense sollicite chaque joint, chaque solin et chaque gouttière. Les descentes pluviales sous-dimensionnées provoquent des débordements qui infiltrent les murs et détériorent les planchers. Après chaque épisode cévenol, les couvreurs montpelliérains sont mobilisés pendant des semaines pour les réparations d'urgence.
Montpellier est également un territoire de toitures-terrasses. Les immeubles modernes d'Antigone, de Port-Marianne et de la Mosson, ainsi que de nombreuses villas contemporaines, sont couverts de terrasses étanchées. L'ensoleillement exceptionnel de Montpellier (2 700 heures/an) fait de ces toitures plates des emplacements idéaux pour le photovoltaïque en autoconsommation, avec une production atteignant 1 350-1 450 kWh/kWc/an.