Toulon, premier port militaire français sur la Méditerranée, présente un paysage de toitures dominé par la tuile romaine (tuile ronde) dans des teintes terre cuite allant du rose clair à l'ocre vif. L'architecture toulonnaise, mélange d'immeubles haussmanniens du boulevard de Strasbourg, de maisons provençales du Mourillon et de constructions modernes de la Seyne-sur-Mer, offre une diversité de toitures — tuiles romaines, tuiles canal, toitures-terrasses — qui reflète les strates historiques de la ville. Les couvreurs toulonnais doivent maîtriser la pose de tuiles sur des pentes faibles (20-30 %), la gestion de l'étanchéité des terrasses et, de plus en plus, l'intégration de panneaux solaires.
L'environnement marin de Toulon est la contrainte majeure pour les toitures. Les embruns salés, portés par le mistral et les brises marines, corrodent les éléments métalliques — fixations, gouttières, chéneaux, abergements — à une vitesse accélérée. L'inox A4 marine ou le cuivre sont les seuls matériaux durables dans un rayon de 5 km du littoral. Le sel marin se dépose également sur les tuiles, accélérant leur vieillissement et rendant les traitements hydrofuges moins durables qu'en intérieur des terres.
Toulon bénéficie de l'un des ensoleillement les plus élevés de France : 2 900 heures par an, soit 600 heures de plus que Paris. Cette exposition solaire intense soumet les matériaux de toiture à une dégradation UV accélérée : les membranes d'étanchéité vieillissent prématurément, les tuiles se fissurent sous l'effet des dilatations thermiques répétées, et les peintures de toiture s'écaillent en 5-7 ans. En contrepartie, Toulon est un territoire exceptionnel pour le photovoltaïque, avec une production atteignant 1 450-1 550 kWh/kWc/an.