Le diagnostic électrique strasbourgeois commence par le type de bâti. Dans la Grande-Île et la Petite France, les colombages dictent la méthode : un pan de bois porteur ne se perce pas, on fait courir les câbles dans le torchis entre montants, sous les planchers anciens ou en goulotte décorative, ce qui rallonge le chantier de 15 à 20 % par rapport à du placo standard. Le risque incendie y est aussi plus élevé qu'en pierre : bois et torchis sont combustibles, d'où une vigilance accrue sur les sections de conducteurs, le serrage des connexions et la protection différentielle 30 mA exigée par la NF C 15-100. Les immeubles wilhelmiens de la Neustadt, plus tolérants pour le passage des gaines, restent soumis à l'ABF côté façade.
Le second facteur, c'est le froid. Le gel continental prolongé, qui s'installe plusieurs semaines par hiver, attaque tout ce qui est exposé : un boîtier en ABS devient cassant à -15 °C, une gaine inadaptée se fend. On privilégie donc les gaines ICTA, les coffrets en polycarbonate et des prises extérieures sous capot IP55 résistant au givre. Les canalisations électriques en combles ou garages non chauffés doivent être isolées au même titre que la plomberie, qu'il faut purger pour éviter qu'une rupture de canalisation gelée n'endommage l'installation voisine. L'eau dure alsacienne, très calcaire, n'attaque pas le câblage mais entartre vite les chauffe-eau électriques et résistances : un détartrage régulier protège l'installation.
Enfin, Strasbourg est une ville de copropriétés. La colonne électrique commune (montante) relève du collectif et non de votre lot : un défaut sur la colonne se traite en assemblée générale via le syndic, pas par votre électricien seul. Dans l'ancien, on retrouve fréquemment des installations d'origine non conformes — pas de terre, tableaux à fusibles, humidité ascensionnelle en rez-de-chaussée créant un vrai risque électrique. C'est sur ce socle que se construit tout devis sérieux.