Peindre à Marseille, c'est composer avec un climat méditerranéen qui sanctionne les raccourcis. La sécheresse estivale et la chaleur accélèrent le séchage en surface avant que le film de peinture ne soit stabilisé en profondeur : sur une façade plein sud, on évite d'appliquer aux heures les plus chaudes, sinon la finition tire et marque. Cette même chaleur estivale, qui dope la demande de climatisation dans la ville, impose aussi de peindre tôt le matin ou en fin de journée pour les surfaces exposées. Le mistral, lui, complique la peinture extérieure — il faut bâcher, protéger et choisir des créneaux calmes, car ses rafales déposent poussière et particules sur la couche fraîche. À l'automne, les fortes pluies mettent à l'épreuve la moindre reprise d'étanchéité : une fissure mal traitée se rouvre dès les premières averses.
Le bâti pèse autant que la météo. Le centre ancien dense (Le Panier, Noailles, secteurs anciens) est bâti en pierre tendre et en matériaux poreux : ces murs ont besoin de respirer. On y privilégie des badigeons à la chaux ou des peintures minérales perméables à la vapeur d'eau, et on proscrit les enduits filmogènes étanches qui emprisonnent l'humidité, font cloquer le revêtement et dégradent la pierre. Sur le littoral, les embruns salins corrodent vite les éléments métalliques exposés (garde-corps, ferronneries, menuiseries) : sous-couche antirouille et finitions adaptées au milieu salin sont indispensables. Plus on s'approche de la mer, plus cette contrainte de corrosion est forte, et plus la qualité de la préparation décide de la tenue dans le temps.
S'ajoutent deux réalités marseillaises : l'eau dure, qui entartre matériel et nuit aux dilutions à l'eau, et la densité de copropriétés du centre, où tout ravalement passe par un vote en assemblée générale et le respect du règlement de copropriété. Enfin, dans les périmètres suivis par les Architectes des Bâtiments de France, les teintes de façade sont encadrées : un peintre sérieux vérifie les prescriptions chromatiques en amont. Côté accès, les ruelles étroites du centre ancien peuvent générer un surcoût logistique (stationnement, portage, échafaudage) — mais jamais de majoration parisienne : on reste sur des tarifs de province, proches de la moyenne nationale.