À Montpellier, le métier de couvreur se lit d'abord à travers le climat méditerranéen. Les étés chauds et secs font travailler les matériaux, tandis que les épisodes de pluies intenses d'automne — orages cévenols typiques de l'arc méditerranéen — testent brutalement l'étanchéité. Une noue mal dimensionnée ou une gouttière sous-calibrée déborde en quelques minutes lors de ces averses, d'où l'importance d'une zinguerie pensée pour de gros volumes d'eau sur de courtes durées. La tuile canal ou romane, traditionnelle dans l'Hérault, reste le matériau de référence ; l'ardoise se rencontre surtout sur certaines toitures patrimoniales ou demandes spécifiques. La chaleur estivale, qui alimente une forte demande de climatisation, rend par ailleurs l'isolation des combles décisive : une toiture bien isolée limite la surchauffe et soulage les équipements de rafraîchissement.
L'eau calcaire de la région, très chargée en carbonates, ne se contente pas d'entartrer la robinetterie : elle favorise les dépôts et, combinée à l'humidité résiduelle, contribue au développement de mousses et de lichens sur les versants peu ensoleillés. Le démoussage suivi d'un traitement hydrofuge prend ici tout son sens pour préserver la tenue des tuiles et limiter les infiltrations. Le matériau choisi doit aussi tenir face au gel et, plus rarement, à la neige : un point que le couvreur vérifie selon l'exposition de chaque versant.
L'enjeu majeur reste l'Écusson, le vieux centre médiéval. Ses ruelles étroites compliquent l'accès des nacelles et le stockage des matériaux, ce qui peut justifier un léger surcoût d'accès — jamais une majoration de type francilien. Surtout, ce secteur sauvegardé impose l'avis de l'ABF dès que la toiture est visible depuis l'espace public : teinte des tuiles, type de matériau et même les éléments de zinguerie peuvent être encadrés. Un couvreur à Montpellier habitué à ces démarches saura monter le dossier en mairie et anticiper les délais d'instruction, là où un artisan non averti fait perdre des semaines au chantier. Dans une ville en forte croissance, où se côtoient bâti ancien et constructions neuves, ce double savoir-faire — patrimoine contraint et toitures récentes — fait toute la différence.