Le bâti parisien impose ses propres règles à l'isolation. Les immeubles haussmanniens en pierre de taille (vers 1850-1920) sont constitués de matériaux capillaires : isoler par l'intérieur sans gérer la migration de vapeur d'eau revient à piéger l'humidité contre une paroi tendre, avec un risque de condensation et de dégradation du mur. Un isolateur compétent privilégie ici des isolants ouverts à la diffusion (laines biosourcées, frein-vapeur hygrovariable) plutôt qu'un pare-vapeur étanche posé à l'aveugle, et soigne le traitement des points singuliers autour des moulures et des menuiseries anciennes. La très forte densité de copropriétés change aussi la donne : l'isolation des combles perdus relève souvent des parties communes, et l'isolation par l'extérieur d'une façade ne peut jamais être décidée seul. L'ITE de façade exige un vote en assemblée générale, parfois précédé d'un audit énergétique, ce qui allonge les délais de plusieurs mois — d'où l'intérêt d'attaquer d'abord l'ITI de son propre lot ou les combles. Dans les secteurs sauvegardés, le Marais notamment, l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) intervient sur l'aspect des façades : une ITE peut être refusée ou contrainte côté rue, alors que l'isolation intérieure d'un appartement n'est, elle, pas soumise à l'ABF. Les installations anciennes — tableaux électriques vétustes, présence possible de plomb dans les peintures d'avant 1949, colonnes montantes communes relevant du syndic — imposent de coordonner l'isolation avec une éventuelle mise en sécurité ; une mise aux normes NF C 15-100 avec passage du Consuel se planifie idéalement avant de refermer les parois. L'eau dure du réseau parisien (environ 25-30 °f) n'a pas d'effet direct sur l'isolation, mais rappelle que la capitale est un territoire technique exigeant où le diagnostic prime. Enfin, Paris intra-muros affiche un premium tarifaire réel d'environ 20 à 30 % par rapport au national — un surcoût légitime ici, lié à l'accès chantier difficile (étages sans ascenseur, stationnement, monte-matériaux), à la logistique en hyper-centre et au coût de la main-d'œuvre dans la capitale.