Grenoble est posée dans une cuvette, enserrée par la Chartreuse, le Vercors et Belledonne, et cette géographie pèse directement sur les travaux de peinture. Le fond de vallée concentre l'humidité : l'air froid stagne en hiver, les façades exposées au nord sèchent mal, et la condensation favorise les moisissures sur les murs intérieurs mal ventilés. Le gel hivernal est marqué, ce qui impose aussi de protéger les canalisations et d'éviter d'appliquer la peinture par temps trop froid. Un peintre grenoblois sérieux traite ces remontées et ces points de rosée avant d'appliquer la moindre couche, plutôt que de masquer le problème.
Le centre historique compte beaucoup de bâti ancien en pierre tendre et enduits à la chaux (Saint-Laurent, l'Île Verte, les rues autour de la place Notre-Dame). Sur ces supports, la règle d'or est de laisser le mur respirer : on privilégie des badigeons de chaux ou des peintures minérales perméables à la vapeur. Appliquer un enduit ou une peinture filmogène étanche piège l'humidité dans la maçonnerie, fait éclater l'enduit et accélère les dégradations. C'est une erreur fréquente qu'un artisan qui connaît le bâti alpin ancien évite. À l'inverse, vers la Villeneuve ou Mistral, les grands ensembles de l'après-guerre sont en béton et plaque de plâtre : la préparation et les produits ne sont pas les mêmes, et un bon peintre adapte sa méthode au support.
L'eau de Grenoble, issue des massifs calcaires alpins, est dure : le calcaire se dépose et les sels minéraux peuvent migrer en surface (efflorescences) sur les murs humides, ce qui complique l'accroche de la peinture et favorise aussi l'entartrage. La préparation — brossage, traitement, sous-couche adaptée — devient déterminante pour que le revêtement tienne dans le temps.
Deux contraintes réglementaires encadrent les chantiers. En zone sismique 4 (aléa élevé), tout ravalement qui touche à la structure ou aux fixations de façade doit respecter les règles parasismiques. Et dans les zones basses soumises au PPRI de l'Isère et du Drac, comme dans les périmètres suivis par les Architectes des Bâtiments de France (ABF), les teintes de façade sont encadrées : on ne choisit pas librement sa couleur de ravalement en secteur protégé.