À Toulon, ville d'environ 180 000 habitants posée sur sa rade méditerranéenne, le premier facteur qui pèse sur une toiture n'est ni le gel ni la neige, mais le sel et le vent. Les embruns de la rade se déposent sur les couvertures des quartiers exposés au littoral et accélèrent la corrosion des éléments métalliques : gouttières, noues, solins et chéneaux en acier non protégé rouillent bien plus vite qu'à l'intérieur des terres. Un couvreur expérimenté privilégie pour cette raison le zinc ou l'inox sur les ouvrages exposés, et soigne les fixations car le mistral, fréquent et violent, soulève les tuiles canal mal scellées et arrache les rives insuffisamment ancrées. La tuile canal en terre cuite reste le matériau traditionnel dominant sur le bâti provençal toulonnais, cohérent avec l'architecture méditerranéenne. Le climat conditionne aussi l'entretien : les étés chauds et secs, qui poussent par ailleurs la demande de climatisation, ménagent les versants exposés au sud, tandis que les pans orientés au nord, plus humides, se couvrent de mousses et de lichens qui retiennent l'eau et finissent par fissurer les tuiles. Le démoussage suivi d'un traitement hydrofuge prend ici tout son sens pour prolonger la durée de vie de la couverture. L'eau dure de la distribution accentue par ailleurs l'entartrage des descentes et des regards. Dernier point spécifique : la vieille ville dense, avec ses ruelles étroites, complique l'accès des nacelles et des échafaudages, ce qui peut justifier un léger surcoût d'accès sur certains chantiers du centre ancien. Enfin, dans les secteurs sauvegardés et aux abords des monuments, l'aspect d'une toiture visible depuis l'espace public est encadré par l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) : couleur des tuiles, type de matériau et géométrie doivent respecter l'avis rendu avant travaux. Ce sont ces réalités — sel, mistral, mousse au nord, accès, ABF — qui distinguent un chantier toulonnais d'une toiture standard, et qu'un devis sérieux doit nommer explicitement.