Marseille impose à l'isolation des contraintes qu'on ne retrouve pas ailleurs. Le centre ancien dense — le Panier, Noailles, le Vieux-Port — concentre des immeubles antérieurs au XXᵉ siècle, souvent en pierre tendre (calcaire) avec des murs épais qui « respirent ». Y plaquer une ITI étanche sans gérer la migration de vapeur d'eau, c'est piéger l'humidité derrière la cloison et créer des moisissures : un isolateur sérieux y privilégie des matériaux perspirants (laine de bois, fibre de bois) et des freins-vapeur hygrorégulants plutôt qu'un pare-vapeur fermé. Le climat méditerranéen ajoute sa logique : sécheresse estivale et soleil intense font de l'inertie et du déphasage thermique un enjeu — on n'isole pas seulement contre le froid, mais contre la surchauffe, ce qui oriente vers des isolants à forte densité côté combles. Les fortes pluies d'automne et le mistral testent l'étanchéité à l'air : la moindre fuite en rive de toiture devient un pont thermique et une entrée d'eau, et un vent qui s'engouffre dans les défauts de pose ruine le rendement d'un isolant pourtant bien dimensionné. Sur le littoral (Estaque, Corniche, quartiers Sud), les embruns salins accélèrent la corrosion des fixations, rails et pattes métalliques exposés d'une ITE — d'où l'usage d'accessoires inox ou traités. La copropriété est ici la règle plus que l'exception : une ITE de façade modifie l'aspect extérieur et touche les parties communes, elle exige donc un vote en assemblée générale, et dans les secteurs patrimoniaux les Architectes des Bâtiments de France peuvent contraindre teintes et finitions. L'eau dure des Bouches-du-Rhône ne concerne pas l'isolation elle-même mais rappelle l'environnement calcaire local, le même qui a fourni la pierre tendre des façades du centre. Enfin, les ruelles étroites du centre ancien compliquent parfois l'accès et le stationnement des échafaudages, ce qui peut générer un surcoût d'accès ponctuel — jamais une majoration de type francilien : Marseille reste sur des tarifs proches de la moyenne nationale.